E.B. Mann est natif du Texas, et il nait avec le don
d’observer les gens, avec la manie d’écrire leur description, et une
paire d’yeux pointée vers l’ouest. D’autres pourraient le décrire autrement,
bien sûr, mais Mann ne le supporterait pas. Dès son jeune âge, il décidé
d’être un auteur de westerns.
Dès le commencement, il a trouvé nécessaire de partir
dans le pays des gens qu’il a choisi de décrire. Ce que peu d’auteurs ont fait.
Ainsi, pendant qu’il écrivait, il voyageait dans l’ouest, travaillant du
Pecos à la Snake, de Dallas à La Butte et ainsi de suite, cherchant des
paysages pouvant édulcorer ses récits. Dès que vous commencez à lire l’un
de ses livres, vous rencontrez de superbes descriptions de montagnes, de
vallée, de fleuves, rivières, mines, petites villes, sans oublier les personnages
que E.B. Mann a croisé sur sa route. En tournant les pages de ses livres,
vous vous rendez compte que E.B. Mann est un des meilleurs écrivains de
Westerns.

Killers’ Range est représentatif de tous ces livres.
Il raconte l’histoire exaltante de Dan Dugan durant une guerre entre ranch dans
la vallée de la Little Indian River. E.B. Mann écrit de façon claire,
conductrice et avec une économie de mots si bien qu’il parvient à créer un
style. Il raconte la vie telle était, avec ses aventures, mais surtout les actions
qui en découlent.
Stormy Trails (1936) de Sam Newfield est à mon
sens le meilleur western adapté de ses livres. Rex Bell en était le héros
principal et son personnage reste très proche de Dan Dugan de Killers’
Range. 10 autres de ses livres ont été portés à l’écran et vous en
connaissez au moins la moitié d’entre eux : Gun for Hire (1932) de Lewis
Collins avec Lane Chandler, Range Warfare (1934) de Roy Luby (d’après the Death
Whistle) avec Reb Russell, Outlaw Rule (1935) de Roy Luby avec Reb Russell,
Desert Phantom (1936) avec Johnny MackBrown de Roy Luby, The Boss Rider from
Gun Creek (1936) avec Buck Jones de Lesley Selander, Lightnin’ Crandall (1937)
avec Bob Steele de Sam Newfield, Trail of vengeance (1937) avec Johnny
MackBrown, Guns in the Dark (1937) de Sam Newfield, Ridin’ the lone trail
(1937) avec Bob Steele de Sam Newfield et Colorado Ranger (1950)
avec James Ellison de Thomas Carr.
D’une façon générale, les livres d’E.B. Mann sont très
difficiles à trouver aux Etats-Unis. Nous ne parlerons pas de la France
puisqu’aucun n’a été traduit. L’exemplaire de Killers’ Range que je possède est
la 6eme édition et date de 1948 ! La première publication remonte
à 1933.
La littérature du Western est à mon sens aussi
importante que les films car sans celle-ci, il n’y aurait pas eu de films.
L’écriture demeure indispensable à l’élaboration d’un bon Western. Combien de
Westerns intéressants avons-nous vus qui avaient été ratés à cause d’un mauvais
scénario ? La liste de ces auteurs dépasse plus de 500 personnes.
Aujourd’hui encore, le genre perdure, mais ses publications se raréfient. Les
meilleurs romanciers du moment sont Johnny Boggs, John Nesbitt et Max McCoy.
- Un résumé savoureux de Didier